Affichage des articles dont le libellé est chroniques. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est chroniques. Afficher tous les articles
Deux nouveaux albums pour les leaders de Wolf Parade
Avec Wolf Parade, Dan Boeckner et Spencer Krug se sont imposés comme des musiciens majeurs et parmi les plus actifs de la scène indépendante canadienne. Signé sur le label Sub Pop et produit par Isaac Brock, leader de Modest Mouse, leur premier album "Apologies to the Queen Mary" a marqué les esprits par un rock/folk brut aux voix éraillées, décomplexé mais plus complexe qu'il n'y parait. Véritable réussite, ce premier bijou, qui rencontra un petit succès d'estime, ne monopolise pas pour autant l'attention des deux hommes autour du projet Wolf Parade.
Dan Boeckner, qui était déjà connu sur la scène canadienne pour s'être illustré dans un groupe nommé Atlas Strategic, joue depuis 2005 avec sa compagne Alexei Perry dans Handsome Furs. Spencer Krug est plus actif, il gère plusieurs groupes et intervient dans différentes collaborations : Swan Lake, Frog Eyes, Sunset Rubdown et enfin Fifths Of Seven. Malgré beaucoup de livraisons, surtout pour Spencer Krug qui doit réaliser 1 ou 2 albums par an depuis 2005, un second disque de Wolf Parade a quand même vu le jour en 2008. Plus complexe et révélant officiellement des influences "bowiesques", "At Mount Zoomer" se révèle moins réussi que son prédécesseur, les chansons sont moins libres que par le passé. Paradoxe ultime, en allongeant le format des morceaux, en y incorporant plus de mélodies folles, le loup sauvage s'est transformé en chien aveugle ayant en permanence besoin d'être retenu par ses deux maitres. Pas catastrophique pour autant, certains morceaux comme Fine Young Animals, Soldier's Grin, Call It A Ritual, Language City et The Grey Estates sont excellents mais l'album loupe le coche avec une production qui manque d'ambition, aseptisant l'ensemble par un son trop neutre.
Cependant Wolf Parade reste l'alliance parfaite entre efficacité et complexité. Dan Boeckner est celui qui fit pencher la balance pour le premier élément dans le 1er album et Spencer Krug a renversé un peu la tendance avec le second envers le deuxième facteur.
Cette dualité complice sur Wolf Parade est finalement possible car les deux cerveaux en ébullition permanente trouvent un échappatoire. Cet exutoire sera les autres projets annexes de Dan Boeckner et Spencer Krug.
"Face Control" est un très bon disque d'urgence rock. Façonné par 4 mains, le disque mélange l'immédiateté de Wolf Parade avec des boites à rythmes qui font penser aux années 80. Attention, pas de revival eighties comme on connait aujourd'hui dans beaucoup de groupes, ici les années 80 sont visibles dans la façon simpliste (mais avec talent) de faire sonner des petits rythmes. L'album est un suite de tubes rock directs et franchement assez jouissifs : Legal Tender, Talking Hotel Arbat Blues, All We Want Baby Is Everything, I'm Confused et Thy Will Be Done. Sur les douze morceaux du disque seuls 3 titres dépassent les 4 minutes et c'est là que le bat blesse, à part son Radio Kaliningrad, Dan Boeckner peine vraiment à convaincre sur Nyet Spasiba et Officer of Hearts. Se sentant obliger de complexifier inutilement leur propos Dan Boeckner et Alexei Perry perdent leurs auditeurs. Malgré cela, ce second album convaincra même les plus septiques du premier album "Plague Park".
A l'inverse de son camarade, Spencer Krug penche lui vers des structures plus sophistiquées avec son groupe Sunset Rubdown. L'album précédent, "Random Spirit Lover", était brillant mais assez difficile d'accès même après plusieurs écoutes. La prouesse est ici d'avoir réussi à dompter toutes les éléments identitaires pour en faire un grand album pop. Telle une montre d'orfèvrerie, le résultat est simple et pourtant la machine cache des mécaniques complexes et magnifiques.
Dès les premières minutes de Silver Moons, on pense qu'on tient surement le meilleur Lp du canadien. Si la suite est du même niveau alors on a là un grand disque, et elle l'est ! Élégant, classique, poétique, grandiloquent mais pas usant (à l'inverse d'Arcade Fire sur son second album), mélodieux, foutraque,... beaucoup d'adjectifs élogieux peuvent servir à définir ce "Dragonslayer". Spencer Krug continue donc de livrer des albums de hauts calibres (à noter que "Enemy Mine" des Swan Lake est sorti au mois de mars!). Totalement libéré, épanouie dans son rôle de leader, il se permet même un petit pied de nez à Wolf Parade en réussissant son dernier morceau, Dragon's Lair, un titre de 10 minutes fleurant avec le progressif là où il avait échoué avec Dan Boeckner sur Kissing The Beehive, dernier titre de "At Mount Zoomer" aux caractéristiques similaires.
Très différents dans leurs approches, les deux compères ont réalisé chacun de leurs cotés un très bon disque et un magnifique album, souhaitons qu'il réussissent leur prochaine réunion autour du loup.
www.sunsetrubdown.net
www.myspace.com/handsomefurs
www.myspace.com/wolfparade
www.subpop.com
www.jagjaguwar.com
Wolf Parade - I'll Believe In Anything at The Bowery Ballroom NYC ("Apologies to the Queen Mary")
Wolf Parade - Language City ("At Mount Zoomer")
This is only a fan made video. Music: Language City Wolf Parade At Mount Zoomer 2008 Film: Die Nashörner (Rhinoceroses) Directed by: Jan Lenica 1965
www.sunsetrubdown.net
www.myspace.com/handsomefurs
www.myspace.com/wolfparade
www.subpop.com
www.jagjaguwar.com
Wolf Parade - I'll Believe In Anything at The Bowery Ballroom NYC ("Apologies to the Queen Mary")
Wolf Parade - Language City ("At Mount Zoomer")
This is only a fan made video. Music: Language City Wolf Parade At Mount Zoomer 2008 Film: Die Nashörner (Rhinoceroses) Directed by: Jan Lenica 1965
Libellés : chroniques
Dans toutes les collections de disque du monde, il existe des "petits" albums que l'on chéri sans trop savoir pourquoi, que l'on adore tout en ne connaissant rien sur les auteurs, des petites perles sonores que l'on garde précieusement pour soi. Puis un jour, on découvre ce qui entoure l'objet et on réalise que l'histoire est grande, qu'elle nous dépasse, nous passionne et qui rassemble bien plus de monde qu'un petit auditeur au gros casque audio.
"Os Mutantes" est de cette catégorie, l'album est un formidable voyage coloré et foutraque mélangeant la musique traditionnelle brésilienne avec le rock psychédélique, la pop et le blues notamment. Dès les deux premiers morceaux, "Os Mutantes" charme, Panis et Circense est un morceau unique, magique et envoutant. Les trompettes et les chœurs résonnent sous un air populaire, le cadre est bucolique, la carte postale fait un peu cliché puis soudain au bout de 2 minutes le rythme s'arrête puis reprend en version accélérée. Tout s'emballe alors progressivement et la danse jusque là confinée dans un léger claquement de mains se transforme en grand mouvement corporel hippie. Déroutants, les Os Mutantes viennent de "massacrer" une chanson de Veloso et Gil. A Minha Menina, second morceau, propose exactement la même chose, la chanson de Jorge Ben est reprise avec une "infâme" guitare fuzz (le passage mémorable du solo avec les chœurs endiablés bluesy).
Disque miracle où tout sonne de manière simple et spontanée, la musique des mutants est pourtant un formidable laboratoire d'idées et d'expérimentations en tout genre allant d'une bombe insecticide (sur la reprise envoutante Le Premier Bonheur Du Jour de Françoise Hardy) à l'utilisation d'effets comme le feedback.
Ce vivier expérimental trouve une certaine reconnaissance dès les années 90. En effet, Beck rend hommage à ses héros en intitulant un de ses albums "Mutations" avec la chanson Tropicalia, Kurt Cobain demande le retour sur scène du groupe en 1993 et David Byrne, tête pensante des Talking Heads, s'efforça de ressortir les trésors des brésiliens sous une compilation intitulé "Everything is Possible" en 2004 sous son label Luaka Pop.
Cette reconnaissance est tardive car ils ont longtemps été confinés dans les frontières du pays où leur style avant-gardiste avait choqué la plupart des amateurs de musique traditionnelle. En 1967 sous l'invitation de Gilberto Gil, le groupe participe au 31ème festival de la musique populaire brésilienne et déclenche la protestation de la foule (beaucoup de puristes) choquée de voir des gamins mélanger des guitares électriques avec le patrimoine acoustique brésilien jusque là jugé intouchable.
Avec cette prestation, qui rappelle un peu celle de Bob Dylan au festival de Newport en 1965, les Os Mutantes sont entrés de manière symbolique dans un nouveau courant musical qui restait jusque là dans l'ombre : le tropicalia (ou tropicalisme).
En 1964, le gouvernement de João Goulart est renversé par l'Armée Brésilienne avec l'aide des Etats-Unis. En opposition à cette dictature militaire, sorte d'utopie autoritaire prônant la sécurité nationale, un courant intellectuel apparaissait avec un verbe indépendant face à la censure imposée. Sous l'impulsion de Jorge Ben, Gal Costa, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Tom Zé, la musique traditionnelle, emblème du pouvoir en place par son aspect conservateur, s'ouvre à d'autres espaces sonores en brassant différents styles et devient une arme de protestation, symbole de toutes les libertés.
En 1968, le tropicalisme, alors en plein essor, ne résiste pas à l'acte institutionnel n° 5 qui suspend les droits civiques des citoyens. L'album symbolique de la "résistance" "Tropicália ou Panis et Circenses" réalisé en collaboration avec tous les Bahianais (artistes du mouvement tropicalia) est censuré, tandis que Gilberto Gil et Caetano Veloso sont contraints à l'exil après un séjour en prison.
Le tropicalisme reste donc un court mouvement mais qui marque profondément les brésiliens, les consciences artistiques sont en effet bouleversées, et le Brésil ressent le besoin de s'ouvrir vers le monde malgré la pression militaire (la dictature prendra fin en 1985).
C'est dans ce contexte que les Os Mutantes se retrouvent donc sur le devant de la scène tropicalia. En jouant avec Gilberto Gil sur son album éponyme, en proposant une musique influencée par l'album des Beatles "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band" et avec leur premier album, Rita Lee Jones et les frères Sérgio Dias et Arnaldo Baptista vont devenir les héros du mouvement, symbole de la jeunesse contestataire et libre. "Os Mutantes" est par conséquent un objet d'histoire.
Le disque est aussi un objet culturel indispensable composé de reprises de chansons issues pour la plupart du tropicalisme, poussant ainsi la pensée tropicaliste jusqu'au bout en détournant ses chansons déjà en rupture. Malgré son âge, l'album possède encore tout son charme et prend de la valeur au fur et à mesure des écoutes. Il ne sert à rien de décrire toutes les chansons une par une, ici tout est au service d'un univers enjoué, joviale, expérimentale, fou et terriblement addictif avec la complicité de l'arrangeur Rogério Duprat, surnommé le Brian Wilson brésilien.
Disque miracle où tout sonne de manière simple et spontanée, la musique des mutants est pourtant un formidable laboratoire d'idées et d'expérimentations en tout genre allant d'une bombe insecticide (sur la reprise envoutante Le Premier Bonheur Du Jour de Françoise Hardy) à l'utilisation d'effets comme le feedback.
Ce vivier expérimental trouve une certaine reconnaissance dès les années 90. En effet, Beck rend hommage à ses héros en intitulant un de ses albums "Mutations" avec la chanson Tropicalia, Kurt Cobain demande le retour sur scène du groupe en 1993 et David Byrne, tête pensante des Talking Heads, s'efforça de ressortir les trésors des brésiliens sous une compilation intitulé "Everything is Possible" en 2004 sous son label Luaka Pop.
Cette reconnaissance est tardive car ils ont longtemps été confinés dans les frontières du pays où leur style avant-gardiste avait choqué la plupart des amateurs de musique traditionnelle. En 1967 sous l'invitation de Gilberto Gil, le groupe participe au 31ème festival de la musique populaire brésilienne et déclenche la protestation de la foule (beaucoup de puristes) choquée de voir des gamins mélanger des guitares électriques avec le patrimoine acoustique brésilien jusque là jugé intouchable.
Avec cette prestation, qui rappelle un peu celle de Bob Dylan au festival de Newport en 1965, les Os Mutantes sont entrés de manière symbolique dans un nouveau courant musical qui restait jusque là dans l'ombre : le tropicalia (ou tropicalisme).
En 1964, le gouvernement de João Goulart est renversé par l'Armée Brésilienne avec l'aide des Etats-Unis. En opposition à cette dictature militaire, sorte d'utopie autoritaire prônant la sécurité nationale, un courant intellectuel apparaissait avec un verbe indépendant face à la censure imposée. Sous l'impulsion de Jorge Ben, Gal Costa, Gilberto Gil, Caetano Veloso et Tom Zé, la musique traditionnelle, emblème du pouvoir en place par son aspect conservateur, s'ouvre à d'autres espaces sonores en brassant différents styles et devient une arme de protestation, symbole de toutes les libertés.
En 1968, le tropicalisme, alors en plein essor, ne résiste pas à l'acte institutionnel n° 5 qui suspend les droits civiques des citoyens. L'album symbolique de la "résistance" "Tropicália ou Panis et Circenses" réalisé en collaboration avec tous les Bahianais (artistes du mouvement tropicalia) est censuré, tandis que Gilberto Gil et Caetano Veloso sont contraints à l'exil après un séjour en prison.
Le tropicalisme reste donc un court mouvement mais qui marque profondément les brésiliens, les consciences artistiques sont en effet bouleversées, et le Brésil ressent le besoin de s'ouvrir vers le monde malgré la pression militaire (la dictature prendra fin en 1985).
C'est dans ce contexte que les Os Mutantes se retrouvent donc sur le devant de la scène tropicalia. En jouant avec Gilberto Gil sur son album éponyme, en proposant une musique influencée par l'album des Beatles "Sgt. Pepper’s Lonely Hearts Club Band" et avec leur premier album, Rita Lee Jones et les frères Sérgio Dias et Arnaldo Baptista vont devenir les héros du mouvement, symbole de la jeunesse contestataire et libre. "Os Mutantes" est par conséquent un objet d'histoire.
Le disque est aussi un objet culturel indispensable composé de reprises de chansons issues pour la plupart du tropicalisme, poussant ainsi la pensée tropicaliste jusqu'au bout en détournant ses chansons déjà en rupture. Malgré son âge, l'album possède encore tout son charme et prend de la valeur au fur et à mesure des écoutes. Il ne sert à rien de décrire toutes les chansons une par une, ici tout est au service d'un univers enjoué, joviale, expérimentale, fou et terriblement addictif avec la complicité de l'arrangeur Rogério Duprat, surnommé le Brian Wilson brésilien.
Par la suite, le groupe réalisera "Mutantes" (1969) (sublime album lui aussi) et "A Divina Comédia Ou Ando Meio Desligado" (1970) avant de se tourner vers un rock progressif sur "Jardim Elétrico" (1971) et "Mutantes e Seus Cometas no País do Baurets" (1972). Rita Lee Jones quitte le groupe en 1972 et entame une carrière solo avec le succès international qu'on lui connait. Arnaldo Baptista est contraint de se retirer en 1973 pour des problèmes de drogues. Seul Sérgio Dias restera le membre original jusqu'en 1978, arrêtant ensuite l'aventure Os Mutantes.
Aujourd'hui, le groupe s'est reformé depuis 2006, sans Rita Lee, et même si nous n'attendons pas grand chose d'eux, un nouveau disque serait en préparation, c'était l'occasion de (re)parler de cet album magnifique. Ceux qui vont le découvrir pour la première fois verront que l'album de leur été 2009 date de 1968!
www.osmutantes.com
Os Mutantes - Panis et Circense
à voir aussi dans la compilation en vrac volume 4
Gilberto Gil et Os Mutantes - Domingo no Parque
Os Mutantes et Gilberto Gil - Dois Mil e Um
Os Mutantes - Preciso Encontrar Um Amigo (extrait du troisème album)
Aujourd'hui, le groupe s'est reformé depuis 2006, sans Rita Lee, et même si nous n'attendons pas grand chose d'eux, un nouveau disque serait en préparation, c'était l'occasion de (re)parler de cet album magnifique. Ceux qui vont le découvrir pour la première fois verront que l'album de leur été 2009 date de 1968!
www.osmutantes.com
Os Mutantes - Panis et Circense
à voir aussi dans la compilation en vrac volume 4
Gilberto Gil et Os Mutantes - Domingo no Parque
Os Mutantes et Gilberto Gil - Dois Mil e Um
Os Mutantes - Preciso Encontrar Um Amigo (extrait du troisème album)
Bread And Circuses - Bande Annonce d'un documentaire qui n'est jamais paru (à ma connaissance)
Compilation d'extraits live d'Os Mutantes
Compilation d'extraits live d'Os Mutantes
Libellés : chroniques
7ème album pour Dirty Projectors,
un formidable voyage touché par la grâce
aux arrangements sonores méticuleux
un formidable voyage touché par la grâce
aux arrangements sonores méticuleux
Depuis 2002, Dave Longstreth, l'homme qui se cache derrière Dirty Projectors, a composé et signé "The Graceful Fallen Mango", "The Glad Fact", "Morning Better Last !", "Slaves' Graves & Ballads" en pensant à la manière dont les chansons pouvaient s’imbriquer entre elles pour former une œuvre, une identité basée sur le format Lp.
L’aboutissement de ce travail fut "The Getty Address", un opéra qui raconte l’histoire de Don Henley, batteur des Eagles qui possède des ailes lui permettant de fuir le monde et ses traumas (notamment le 11 septembre et la paranoïa engendrée). Mis en image avec brio par Dave Sumner, cet opéra a donc permis à Dave Longstreth de réaliser une œuvre totale, autour d’un thème principal possédant une forte identité à la fois musicale et visuelle.
Dès lors, Dave Longstreth imagine des albums moins conceptuels et plus aérés, laissant ainsi plus de liberté aux chansons en songeant d’abord à elles avant de penser au disque dans son ensemble. "Rise Above", constitue cette phase de transition entre "The Getty Address" et "Bitte Orca".
"Rise Above" est sur la forme un album concept : c’est un disque de reprise de "Damaged" des Black Flag. Cependant sur le fond, les chansons constituent des petites œuvres indépendantes les unes des autres, uniquement liées par l’exercice de la reprise (elles sont réalisées en fonction des souvenirs d’enfance de Dave Longstreth à propos de "Damaged").
"Rise Above" est sur la forme un album concept : c’est un disque de reprise de "Damaged" des Black Flag. Cependant sur le fond, les chansons constituent des petites œuvres indépendantes les unes des autres, uniquement liées par l’exercice de la reprise (elles sont réalisées en fonction des souvenirs d’enfance de Dave Longstreth à propos de "Damaged").
Ainsi, "Bitte Orca" débarque sur nos platines dans des conditions de création bien différentes par rapport aux albums précédents. Dave Longsterth a l’idée de réaliser des chansons uniques et bien distinctes.
Cet exercice difficile et souvent casse gueule est ici réussi car il repose sur un nouvel élément capital chez Dirty Projectors : Dave Longstreth se met (un peu) en retrait et impose ses deux choristes sur le devant de la scène, la fidèle Amber Coffman et la petite nouvelle Angel Deradoorian qui remplace Susanna Waiche.
Alors même si Dave Longsterth est toujours à la composition et à la direction générale des Dirty Projectors, "Bitte Orca" se révèle être l’album le plus accessible car emprunt d’une grande diversité épanouissante et d’aérations sonores bienvenues (les premiers albums avaient tendance parfois à rendre claustrophobe l’auditeur). Ce trio de tête charme d’emblée avec les deux premiers titres, Cannibal Resource et Temecula Sunrise. A la fois foutraques et limpides, ils constituent un grand mélange sonore assez unique et fantasmagorique.
Brassant une multitude d’influences (folk, psyché, lo-fi, sonorité africaine, pop,…), "Bitte Orca" possède 9 joyaux : Stillness Is The Move montre avec brio qu’Amber et Angel peuvent tenir une chanson à elles seules et redonne ses lettres de noblesse au r&b qui depuis plusieurs années ne montre hélas plus grand-chose d’intéressant. Two Loves est une petite chanson acoustique caline, Useful Chamber est un magnifique mini-album de 6 minutes. Fluorescent Half Dome ose une première partie en forme de ballade-pop des années 80 pour finir dans un tourbillon de chœurs et de mélodies proche d’une partition classique.
Certains pourront penser que l’album est fatiguant sur la durée, tant de richesse et d’univers différents n’est pas sans heurts émotionnels. Mais "Bitte Orca" est bel et bien un splendide album, un petit trésor que l’on est fier d’ouvrir de temps en temps pour sublimer notre quotidien.
www.myspace.com/dirtyprojectors
www.dominorecordco.com
Dirty Projectors - Stillness Is The Move
Dirty Projectors - "The Getty Address" Chapitre 5 Don Henley's Dream
Compilation en Vrac volume 8 : Dirty Projectors - Time Birthed Spilled Blood
Dirty Projectors - Extrait live Bonnaroo 2009
Libellés : chroniques
Après "Falling Through" en 2003 et l'excellent "Dandelion Gum" en 2007, Tobacco et sa bande reviennent avec Eating Us, un album plus aéré et moins lo-fi que par le passé. Désirant faire évoluer leur son (mélange d'analogique vintage et de pop) pour gagner en espace et en précision, le quintette de Pittsburg a œuvré dans un "vrai" studio en compagnie de Dave Fridman, producteur des Flaming Lips notamment (si je dois dire des MGMT pour gagner l'attention de certains c'est dommage...).
Les terres du papillon seront familières pour ceux qui écoutent les productions d'Air ou des excellents canadiens de Broadcast, cependant l'insecte développe une couleur musicale particulière qui procure un sentiment de bien-être chez l'auditeur. Tout est méticuleux et harmonieux. Born On A Day The Sun Didn't Rise et Dark Bubbles explose les sens avec leurs mélodies pop qui s'élèvent dans les airs. Twin of Myself et Gold Splatter jouent dans un registre plus classiques mais le charme des arrangements opère quand même. Iron Lemonade nous fait décoller tandis que Tooth Decay et The Sticky nous font danser. Et Sur Fields Are Breathing et Smile the Day After Today l'auditeur plane complètement.
www.myspace.com/blackmothsuperrainbowLe voyage est très court mais amplement suffisant pour satisfaire. Loin de la pochette sombre de l'album, ce "Eating Us" propose une musique qui rendra ses auditeurs heureux, même si parfois une douce folie pointe le bout de son nez, les chœurs intrigants de Bubblegum Animals ou le banjo d'American Face Dust.
Finalement après avoir admiré pendant plusieurs années ce magnifique papillon, le voici qui s'envole et le suivre constitue une magnifique défonce sonore.
www.blackmothsuperrainbow.com
www.graveface.com
Le clip interactif de Dark Bubbles : www.graveface.com/bmsr_darkbubbles
Le remix de Twin of Myself par The Go! Team :
Black Moth Super Rainbow - Sun Lips de l'album "Dandelion Gum"
Libellés : chroniques
Le second album étant prévu pour l'automne prochain un petit retour sur le premier et très beau disque de Johanna Wedin s'imposait en attendant le concert de mercredi "Aux Disquaires".
Traversant le comté de Västerbotten et ses hautes forêts, l'auditeur est pris en stop par une jolie suédoise, Johanna Wedin. Confortablement installé dans une vieille Volvo rouge, le passager est alors surpris d'apprendre que la conductrice connait très bien Paris, où elle possède un pied à terre depuis quelques années déjà. Charmant un peu grâce à son sourire, elle allume l'auto-radio qui se met aussitôt à libérer quelques notes de piano tout en grésillant comme un vieux vinyle.
Dès lors, on conçoit bien que dans la jolie forêt un loup demeure. Pour l'instant, il reste dans l'ombre mais peut-être qu'il apparaitra un jour - le talentueux voyage que nous offre la suédoise est heureusement encore bien long. Et puis qui sait, peut être que le loup n'est pas un intervenant extérieur, peut être est-ce tout simplement Johanna Wedin...
L'auditeur commence à ressentir une légère brulure au niveau du cou, sa ceinture de sécurité s'y frotte gravement sous le beau regard complice et pernicieux de la suédoise. Tout est devenu dangereusement lumineux dans ce "Still Need A Kiss".
http://www.myspace.com/ilovemai
MAI - Our Ghost live Stockholm, Vitabergsparken
MAI - Only Sleep live, Divan Du Monde, 2007
Interview de Johanna Wedin - En3mots
MAI - Like In A Film
MAI - Old Souvenirs live, TV4
Après quelques miles enchainés, Johanna Wedin se met à chanter d'une voix cristalline. L'acoustique est superbe, la production élégante et l'auditeur conquis admire le paysage : Au bord de la route, la neige se range sur le coté s'inclinant face au soleil de minuit, au loin, le Golf de Botnie se laisse apercevoir entre deux rangées de sapins et de pins, tout est vraiment magnifique. Le passager se sent bercé tendrement avec Travelling Light, You're Lovely But I'm Gone, Voices From The North, Will You Find Me et Inside. Parfois, à l'écoute de Like In A Film et Silly, il bat le rythme en tapotant sa main contre l'intérieur de la portière.
Le voyage est agréable, Johanna Wedin livre des morceaux dans un répertoire folk des plus classiques avec une touche d'électronica légère mais non superflue et l'album s'enchaine sans heurts, de manière paisible. Cependant, à bien écouter ce tendre disque, une douce et sombre mélancolie accompagne le voyageur. Snowing Downtown, En Fait, et le superbe You Should Come en sont la preuve et c'est le petit plus de ce charmant album.Dès lors, on conçoit bien que dans la jolie forêt un loup demeure. Pour l'instant, il reste dans l'ombre mais peut-être qu'il apparaitra un jour - le talentueux voyage que nous offre la suédoise est heureusement encore bien long. Et puis qui sait, peut être que le loup n'est pas un intervenant extérieur, peut être est-ce tout simplement Johanna Wedin...
L'auditeur commence à ressentir une légère brulure au niveau du cou, sa ceinture de sécurité s'y frotte gravement sous le beau regard complice et pernicieux de la suédoise. Tout est devenu dangereusement lumineux dans ce "Still Need A Kiss".
http://www.myspace.com/ilovemai
MAI - Our Ghost live Stockholm, Vitabergsparken
MAI - Only Sleep live, Divan Du Monde, 2007
Interview de Johanna Wedin - En3mots
MAI - Like In A Film
MAI - Old Souvenirs live, TV4
Libellés : chroniques
Deux norvégiens continuent de crier leur amour pour le space disco
à quelques nuances près.
à quelques nuances près.
Hans-Peter Lindstrøm & Prins Thomas, deux artistes majeurs de la scène musicale norvégienne, réalisent avec "II" leur deuxième collaboration sur long format après un premier album éponyme paru en 2005.
De Lindstrøm , on connait surtout de nombreux maxis dont Breakfast In Heaven et le superbe I Feel Space qui ont fait de lui le fer de lance du space-disco (ou italo-disco ou nu disco ou néo disco ou... musique d'ascenseur) et son album "Where You Go, I Go Too", un disque ambitieux composés de 3 pistes pour 55 minutes de lents voyages sonores.
Moins connu, Prins Thomas est un producteur et dj aussi réputé que son comparse et dont les "The Greatest Tits Vol.1" et sa "Galactic Disco Prince" fournissent d'excellents mix de nu balearic, d'italo disco, de musique de films porno des années 70 et de funk léthargique.
Depuis maintenant quelques années donc, les deux norvégiens mettent en avant leur passion pour une musique très kitch et naïve en étalant des références sonores assez particulières à la limite du mauvais goût. Cependant, ils ont toujours réussi le pari de livrer une musique pas si bête que çà, qui fourmille de petites trouvailles mélodiques qui embellissent un style voué à rester ringard.
Cet aspect, indispensable pour susciter un quelconque intérêt, est valorisé par le fait que les deux hommes s'éloignent progressivement du space disco pour lorgner vers l'expérimentation des années 70 (krautrock, l'ambient, le psyché,...). C'était le cas pour "Where You Go, I Go Too" et c'est encore plus valable pour "II" qui correspond plus à un subtil mélange de musiques expérimentales, de nature différente mais ayant une même date de naissance (les années 70). Ainsi, "II" ne constitue pas vraiment pleinement un disque de space disco même s'il en porte les références contrairement au maxi "Tirsdagsjam", paru il y a quelques semaines.
"II" s'écoute d'une oreille distraite, en fond sonore, parfois on se focalise sur un passage en particulier, on sourit, on réalise que certains sons sont très bons, puis on décroche légèrement et on retourne à nos activités principales. Ni voyez pas là un défaut, bien au contraire, "II" est un disque d'ambiance, au sens noble du terme, où ses spirales musicales vous envouteront par moment.
http://www.myspace.com/lindstromandprinsthomas
http://www.eskimorecordings.be
http://www.myspace.com/feedelity
http://www.feedelity.com
http://www.myspace.com/prinsthomas
Lindstrom live at Todaysart Festival 2008
Libellés : chroniques
Premier album solo pour l'ancien leader de Grandaddy
La sortie de "Yours Truly, The Commuter" constitue un petit évènement pour tous ceux qui ont écouté les albums de Grandaddy, dont le sublime et mythique "The Sophtare Slump".
Formé en 1992, par Jason Lytle, Grandaddy a acquis une solide réputation indé avec "Under The Western Freeway" et "The Sophtare Slump" ainsi qu'un petit succès populaire avec "Sumday". Malheureusement, Jason Lytle, dépressif et usé par les tournées, a sabordé son groupe en 2006 six mois avant la sortie du poussif "Just Like The Fambly Cat". Replié sur lui-même et ne pouvant plus écrire, il quitte alors sa Californie natale pour s'isoler dans les paysages du Montana. C'est en passant ses journées à faire de la randonnée qu'il reprit peu à peu le goût de l'écriture pour aboutir à ce premier album solo.
A l'écoute de ce "Yours Truly, The Commuter", les admirateurs de Grandaddy ne seront pas étonnés, nous sommes ici en territoire connu. En effet, on y retrouve tous les ingrédients du groupe californien, les claviers naïfs et désuets, les accords simples et efficaces des guitares folk, la voie aérienne de Jason et une émotion toujours présente appuyée par un élégant piano. L'originalité n'ayant pas son mot à dire, la nostalgie prime ici et on a toujours l'agréable sensation que cette musique nous dessine de magnifiques paysages.
L'album enchaine les jolies chansons, simples et touchantes à la fois, Brand New Sun, Ghost Of My Old Dog, I Am Lost (and the moment cannot last), Birds Encouraged Him et Rollin Home Alone, même s'il a tendance à nous égarer un peu avec ses nombreuses ballades mélancoliques, This Song Is The Mute Button, Youre Too Gone, Flying Thru Canyons et Here for Good. Pleins de qualités "Yours Truly, The Commuter" n'évite cependant pas le copier/coller douteux avec Grandaddy comme le morceau It's The Weekend, honnête sur le fond mais vraiment bancal sur la forme.
"Yours Truly, The Commuter" est un disque pour les amoureux de Grandaddy avant tout. Certes, les autres sauront également apprécier ce petit album sans prétention, emprunt de quelques éclats lumineux, mais il serait peut-être préférable qu'ils se tournent d'abord vers "The Sophtare Slump" ou "Under The Western Freeway" pour en apprécier tout le sens. L'été sera beau avec le retour de Grandaddy... pardon de Jason Lytle.
www.myspace.com/jasonlytle
www.jasonlytle.com
www.anti.com
Jason Lytle - Birds Encouraged Him (live at Maps)
Grandaddy - The Crystal Lake
Grandaddy - Jed's Other Poem (Beautiful Ground)
www.myspace.com/jasonlytle
www.jasonlytle.com
www.anti.com
Jason Lytle - I Am Lost (And the Moment Cannot Last)
Jason Lytle - Birds Encouraged Him (live at Maps)
Grandaddy - Jed's Other Poem (Beautiful Ground)
Libellés : chroniques
Le nouvel album de Grizzly Bear est présenté partout comme un disque excellent qui s'impose comme le plus important de l'année après celui d'Animal Collective. Info ou intox ?
Après deux albums au compteur, dont le magnifique "Yellow House", un projet parallèle intelligent pour le leader Daniel Rossen (Departement of Eagles) et des premières parties prestigieuses pour TV on the Radio et Radiohead notamment, les New-Yorkais (décidément...) sont devenus les nouveaux messies des médias et de la blogosphère.
Nouveau buzz donc, après celui autour d'Animal Collective en début d'année, qui valu à l'album d'être disponible sur le net de manière illégale six jours seulement après son enregistrement dans une version non-définitive. Ce piratage (ou coup de marketing), de mauvaise qualité visiblement, a quand même nourri l'excitation des fans et des curieux pour ce "Veckatimest" qui sort aujourd'hui en cd et vinyle sous le dessin de l'artiste William O'Brien.
Du nom d'une petite île déserte "Veckatimest" livre de superbes pièces musicales où les chansons sont méthodiquement précises, riches, justes et les expérimentations sont nombreuses mais dissimulées derrière un ensemble classieux réunissant le meilleur de la pop, du folk, du jazz et du rock. Les 3 premiers morceaux constituent une magnifique entrée en matière, Southern Point, Two Weeks et All The Ask envoutent littéralement l'auditeur.
Le reste, Ready Able, Cheerleader, While You Wait for the Others, Fine For Now, Foreground,... n'est que poésie musicale. Tout est ici rythmiquement parfait, aéré, raffiné, d'une beauté troublante, fort en émotions et sans envolées symphoniques et lyriques faciles.
Le reste, Ready Able, Cheerleader, While You Wait for the Others, Fine For Now, Foreground,... n'est que poésie musicale. Tout est ici rythmiquement parfait, aéré, raffiné, d'une beauté troublante, fort en émotions et sans envolées symphoniques et lyriques faciles.
Dense, l'album surprend par le fait qu'on n'arrive pas à l'écouter d'une traite lors de la première écoute. Au contraire, on revient à plusieurs reprises sur la chanson écoutée afin de la digérer, de la comprendre, d'en saisir le sens. Une fois cet exercice exigeant franchi on peut alors passer à la suivante et comprendre à la fin que l'album est une œuvre magnifique.
Évidemment, cette œuvre n'est pas exempt de défauts : les inutiles About Face et Hold Still ou le fait que tout soit exécuté avec une grande retenue ce qui peut paraitre monotone et un peu froid sur la durée, mais force est de reconnaitre que des disques d'une telle classe ne sortent pas souvent donc oui "Veckatimest" est bien un disque important et excellent.
www.myspace.com/grizzlybear
www.grizzly-bear.net
www.warp.net
Grizzly Bear - Two Weeks
Évidemment, cette œuvre n'est pas exempt de défauts : les inutiles About Face et Hold Still ou le fait que tout soit exécuté avec une grande retenue ce qui peut paraitre monotone et un peu froid sur la durée, mais force est de reconnaitre que des disques d'une telle classe ne sortent pas souvent donc oui "Veckatimest" est bien un disque important et excellent.
www.myspace.com/grizzlybear
www.grizzly-bear.net
www.warp.net
Grizzly Bear - Two Weeks
Grizzly Bear - While You Wait For The Others KCRW radio
Grizzly Bear - Shift morceau extrait de leur premier album "Horn Of Plenty" ici en version acoustique
www.blogotheque.net
Libellés : chroniques
Electro-pop canadienne toujours aussi sobre et classe
www.myspace.com/juniorboys
www.juniorboys.net
www.dominorecordco.com
Junior Boys - Work (The Grog Shop in Cleveland)
Junior Boys - Hazel (The Grog Shop in Cleveland)
Norman McLaren - Begone Dull Care 1949
A l'origine, "Begone Dull Care" est un film de Norman McLaren datant de 1949 où des lignes et des formes colorées dansent frénétiquement sur une musique d'Oscar Peterson. Dès lors, on serait en droit de penser que le duo canadien Junior Boys, composé de Jeremy Greenspan et Matt Didemus, va enfin quitter, avec ce 3ème album, cette électro-pop synthétique qui leur colle à la peau pour s'aventurer vers d'autres sphères musicales.
Hélas, la première écoute nous confirme que les canadiens n'ont pas l'intention de partir dans des caprices sonores. Cependant, une fois la petite déception ressentie, force est de constater que leur musique s'est affinée et possède une certaine fraicheur pas déplaisante au moment du retour des beaux jours.
Parallel Lines plonge l'auditeur dans une danse solitaire, lente et introspective mais terriblement jouissive, bien qu'un peu longuette après plusieurs écoutes. Work embrase le cerveau avec des références aux années 80 subtilement actualisées mais à la limite du kitch.
En parlant de kitch, Bits & Pieces feraient surement fuir la plupart des gens si Junior Boys ne rivalisait pas de talents pour nous faire passer la pilule, car les clichés sont nombreux sur cette pop-synthétique.
En parlant de kitch, Bits & Pieces feraient surement fuir la plupart des gens si Junior Boys ne rivalisait pas de talents pour nous faire passer la pilule, car les clichés sont nombreux sur cette pop-synthétique.
Parfois ils ratent le coche, l'insupportable Dull To Pause, les inutiles Hazel, et What It's For, mais la plupart du temps ils nous livrent des morceaux terriblement régressifs et rétro, Sneack A Pictures et The Animator.
Toujours à la limite du mauvais goût, les Junior Boys s'en tirent finalement grâce à une production extrêmement pointue et la voix charnelle de Jeremy Greenspan qui nous entraine dans leur univers. Oscillant entre deux eaux, Junior Boys nous livrent leurs meilleurs morceaux mais aussi leurs plus futiles. Tantôt géniaux, tantôt irritants, les canadiens devraient sérieusement songer à revoir leur formule sous peine de devenir, excusez la formule, de "vieilles icônes modernes des années 80".
Toujours à la limite du mauvais goût, les Junior Boys s'en tirent finalement grâce à une production extrêmement pointue et la voix charnelle de Jeremy Greenspan qui nous entraine dans leur univers. Oscillant entre deux eaux, Junior Boys nous livrent leurs meilleurs morceaux mais aussi leurs plus futiles. Tantôt géniaux, tantôt irritants, les canadiens devraient sérieusement songer à revoir leur formule sous peine de devenir, excusez la formule, de "vieilles icônes modernes des années 80".
www.myspace.com/juniorboys
www.juniorboys.net
www.dominorecordco.com
Junior Boys - Work (The Grog Shop in Cleveland)
Junior Boys - Hazel (The Grog Shop in Cleveland)
Norman McLaren - Begone Dull Care 1949
Libellés : chroniques
Le danois Jon Ekeskov continue sa recherche expérimentale
avec son 3ème album "The Drive"
www.myspace.com/jonegeskovavec son 3ème album "The Drive"
Depuis 2003 et son premier album "Display", où il basait son travail sur un ancien système rythmique indien, le konnakol, Jon Ekeskov délivre une musique minimale difficile à décrire. En effet, ici les guitares sonnent comme de longs bourdonnements, les beats sont sèchement précis, et le tout provoque un sentiment perdu entre l'oppression et l'évasion.
Riche de son passé d'ancien saxophoniste de jazz, l'auteur travaille sur une ambiance extrêmement travaillée et rigoureuse qui bénéficie pourtant d'une certaine liberté dans les directions qu'elle impose à l'auditeur.
Fascinés par de riches trouvailles, nous sommes invités à suivre un road movie introspectif où chaque "nappes-paysages" nous renverraient à des sensations et des souvenirs lointains. Ainsi, le disque, que l'on pourrait qualifier d'essai sonore, nous envoute lentement, nous intrigue et nous perturbe.
"The Drive" est un disque exigeant et excellent, comme les anciens travaux du danois parus sur le remarquable label allemand Raster Noton, et l'on prend rendez-vous dans 3 ans pour une nouvelle expérience - puisque c'est visiblement le rythme qu'il s'impose.
www.pixelmusic.dk
www.raster-noton.net
Libellés : chroniques
Samedi 23 mai, Turzi sera de retour au Point Éphémère pour interpréter son nouvel album "B", voilà le prétexte idéal pour replonger dans les eaux troubles du premier album "A"
Romain Turzi s’amuse depuis quelques années maintenant à détourner systématiquement des guitares, des synthétiseurs, et autres instruments qu’il a en sa possession afin de créer des univers sonores qui lui sont propres.
Après un premier Ep, intitulé "Made Under Authority", Turzi sort son premier album en 2007 sobrement intitulé "A", premier élément d’une trilogie (A, B, C) ; composé de 13 pistes commençant par la lettre a. Entouré du groupe Reich IV, en hommage à Steve Reich, qui l’aide à exécuter sa musique, Turzi a réalisé une œuvre unique, unie et qui marque l’auditeur tant sur le plan physique que psychique.
Après un premier Ep, intitulé "Made Under Authority", Turzi sort son premier album en 2007 sobrement intitulé "A", premier élément d’une trilogie (A, B, C) ; composé de 13 pistes commençant par la lettre a. Entouré du groupe Reich IV, en hommage à Steve Reich, qui l’aide à exécuter sa musique, Turzi a réalisé une œuvre unique, unie et qui marque l’auditeur tant sur le plan physique que psychique.
Le travail sonore entrepris sur "A" renvoie indiscutablement à une période bénie par beaucoup d’entre nous, celle du Krautrock. Ainsi, tout au long de "A", on pense à cette époque radicale et libre qui a vu naitre des groupes comme Kraftwerk (Acid Taste, Amadeus), Can (Axis Of Good), Neu ! (Animal Signal), Cluster, Alpes et Faust.
Empreinte d’une froideur extrême, d’une rigueur rythmique, la musique disciplinaire de Turzi s’impose, dans un paysage musical de plus en plus formaté, comme une musique libre, hostile, qui ne cherche pas forcément à séduire. Bien au contraire, avec ses propres codes et influences, elle invite juste l’auditeur à réagir et à lui répondre physiquement ou mentalement. Par conséquent, elle provoque des effets, et peu importe si ceux-ci sont synonymes de répulsions, de rejets ou de transes et d'adhésions.
Planante, expérimentale, puissante, hypnotique, psychédélique, froide, sa musique envoute et un travail d’appropriation et de digestion est un passage obligé et nécessaire à l’écoute d’"A".
Dit comme cela, on pourrait croire que cette musique est alors confinée dans ses références, dans des structures rigides, et en sortir constituerait un acte sacrilège qui tuerait le concept. Or, c’est tout le contraire, Turzi est un homme de son temps, et sa musique est aussi faite d’influences plus modernes ou plus connues comme la noise de Sonic Youth (Authority 17, Attila Blues) et les musiques d’Ennio Morricone ou celles de John Carpenter. Turzi bidouille ses influences comme il bidouille ses synthétiseurs analogiques pour les faire sonner comme personne.
Tournée vers l’avenir, sa musique a une histoire, une culture, certes difficile d’accès pour certains, et s’impose comme l'une des aventures les plus intéressantes et fascinantes du moment.
www.myspace.com/turzi
www.recordmakers.com
www.myspace.com/paneuropeanrecording
www.paneuropeanrecording.eu
Turzi - Afghanistan
Turzi - Live Hôtel de ville, Nuit Blanche
Turzi - Allah Delon - live The Fader Sideshow 10.20.2007
Turzi - Live Durr
Turzi - Live for Metropolis, Fritz Lang
Libellés : chroniques
Retour fracassant pour Dan Deacon avec son neuvième album "Bromst"
Lors de ma première écoute, mon avis sur "Bromst" était plus que positif. Cependant, la prudence me suggérait de ne rien écrire dans l'immédiat, d'attendre quelques semaines et plusieurs écoutes afin d'appréhender au mieux ce disque.
Ce délai me semble légitime car la musique de Dan Deacon provoque souvent des moments de rejets de la part de ses auditeurs, même chez les plus admiratifs d'entre eux. Ces instants hostiles sont justifiés par un trop plein de saturation, de voix énervantes et criardes, de boucles interminables et trop rapides, de mélodies infernales qui donnent la nausée,... Bref, d'une électro-pop complètement barrée qui a le don d'agacer et de provoquer une bonne migraine. Or, si Dan Deacon séduit et fascine s'est grâce notamment à ces mêmes éléments qui, en d'autres circonstances temporelles et/ou spatiales, dévoilent une incroyable force d'attraction et l'adhésion totale de l'auditeur.
Ce paradoxe était évident à l'écoute du précédent album "Spiderman Of The Rings" avec des titres aussi captivants que fatigants comme Wooody Wooodpecker, The Crystal Cat, Okie Dokie et Trippy Green Skull ou sur l'album "Acron Master" avec notamment Two Friends, Moses Vs Predators et Splish Splash. Or si cette singularité est toujours présente sur ce "Bromst", celui-ci apparait quand même comme l'album le plus facile d'accès du Baltimorien.
Build Voice est un parfait morceau d'introduction, montée entrainante où piano et batterie se laissent aller à un tourbillon sonore sur plus de 5 minutes, pris au piège et séduit on ne s'attend pas à la suite. Le strident Red F inaugure l'arrivée des bidouillages électroniques et le sautillant Padding Ghost constitue une subtile synthèse des deux titres précédents. Snookered, Of The Mountains et Surprise Stefani sont basés sur la même construction à savoir un lent préambule avant que le tout s'emballe sous une pluie de breaks euphoriques. Woof Woof nous amène sur un dancefloor improbable, Slow With Horns/Run For Your Life repose l'auditeur dans une petite spirale en guise d'after, Baltihorse est un énorme tube schizophrène et Get Older conclue l'album en proposant une dernière danse hallucinogène.
"Bromst" est un disque chargé en émotions où les petits bidouillages sonores, marque de fabrique de Dan Deacon, sont ici sublimés. Entre douceur et bruit, instruments réels et trouvailles MAO, l'album a une âme, une ligne directrice qui en fait un univers sonore cohérent et ambitieux, loin finalement des "simples" couches électro-foutraques que constituaient ses précédents disques. "Bromst" est donc un très bon disque, excellent même, mais dont l'écoute s'avère modérée et précieuse sous peine de "pétage de plomb" assuré.
En cadeau, le lien pour vous procurez gratuitement et légalement les albums précédents qui ne sont pas commercialisés, seuls "Spiderman Of The Rings" et "Bromst" le sont.
www.myspace.com/dandeacon
www.whamcity.com
Cadeau : www.dandeacon.com/mp3
www.myspace.com/dandeacon
www.whamcity.com
Cadeau : www.dandeacon.com/mp3
Le live de Dan Deacon au Brooklyn Masonic Temple filmé par Pitchfork.
Part 1/5
Part 2/5
Part 3/5
Part 4/5
part 5/5
Libellés : chroniques, free music
Leader du groupe Deerhunter et auteur d'un album solo sous le nom Atlas Sound, Bradford James Cox livre régulièrement des morceaux sur son excellent blog : deerhuntertheband.blogspot.com
Retour sur quelques magnifiques productions du garçon
L'invitation à parcourir son blog est conseillée car il existe beaucoup de mixtapes, de jams avec des artistes, de reprises, d'expérimentations et d'autres trouvailles sonores et visuelles sur son blog. Depuis 2007, Bradford Cox a publié pas loin de 80 productions en parallèle de ses tournées sous Deerhunter et Atlas Sound.
"The Time I Spent With Nico" Deux univers se confrontent autour d'une même chanson en hommage à l'égérie pop Nico.
The Time I Spent with Nico (Quiet) délivre une bouleversante chanson calme, triste et touchante tandis que The Time I Spent with Nico (Loud) surprend totalement puisqu'elle se transforme en une déclaration d'amour glam rock du plus bel effet.
Téléchargement : atlas-sound-time-i-spent-with-nicoLent spleen mélancolique qui déterminera la tonalité du reste de votre journée. Prudence donc...
La voix de Bradford Cox est sublime et se marie parfaitement avec les lentes sonorités qui gravitent autour.
Téléchargement : atlas-sound-cold-and-golden
"Things I'll Miss EP"My Car qui ouvre cet Ep est une chanson indie rock dans la plus pure tradition. My Room, My Bed et Recording Acoustic Drums sont des instrumentaux qui s'échappent d'un univers sombre et troublant.
La B.O. idéale pour un film de David Lynch.
Marietta est une douce chanson torturée qui intrigue sous ses grands airs benêts.
Téléchargement : atlas-sound-things-ill-miss-ep.html
100% électro sur ce "Amsterdam Midi - Virtual 7" avec des petites ambiances minimales sur le superbe Balcony et une lente rengaine sur synthés avec Canal.
Téléchargement : atlas-sound-amsterdam-midi-virtual-7
"Maybe Logic Virtual 7"Bradford Cox continue son exploration électronique mais Maybe Logic garde un lien avec un univers psychédélique tandis qu'Airdales s'affranchit doucement d'une pop gentillette et naïve.
Téléchargement : atlas-sound-maybe-logic-virtual-7
Des ritournelles envahissent le paysage sonore sur Danse Infernale. A la manière d'un Panda Bear mais en plus sensible et timide, Bradford Cox invite l'auditeur à entrer dans une parade envoutante.
Danse Macabre s'approche plus d'une comparaison avec Dan Deacon mais toujours avec ce refus d'exploser ou d'entrainer tout le monde dans sa ronde. Une mise en retrait salutaire qui privilégie la douceur et la rêverie.
Téléchargement : atlas-sound-two-halloween-dances
"Virtual 7" No. 3"Bored Dub et No Longer sont deux diamants précieux. Le premier est une pop électro contamplative adressée aux anges et le second s'attache à les faire voyager de nuages en nuages.
On se surprend à laisser Bored Dub en boucle avant qu'un bruit extérieur ne vienne tout arrêter.
Téléchargement : atlas-sound-virtual-7-no-3
Véritable album composé de 9 titres, "How I Escaped the Prison of Fractals" est indispensable.
Lo-Fi de haute qualité et enregistré sur un 4 pistes, l'album enchaine les tubes efficaces comme Rendered, Phantom's Blues Again, At A Young Age Again et Acrylics avec des titres plus instrospectifs comme Recent Bedroom Again, So Many Bodies et Youth Energy.
Téléchargement : atlas-sound-how-i-escaped-prison-of
"Weekend EP"30 minutes sublimes tout simplement. L'évasion est au rendez-vous.
A la fois lent et beau, "Weekend Ep" propose trois titres magnifiques où la notion d'espace n'a plus d'importance.
Téléchargement : atlas-sound-weekend-epwww.deerhuntertheband.blogspot.com
www.myspace.com/deerhunter
www.myspace.com/bradfordcox
Libellés : chroniques, free music
Nouvelle livraison d'un des piliers de la musique expérimentale japonaise
Boredoms - 77 Live Boa 1ère partie
Boredoms - 77 Live Boa 2ème partie
Boredoms - Super Seeeeee!!!!!!
Boredoms - Vision Creation Newsun
Depuis des débuts influencés par le punk et la noise "bruitiste" jusqu'à une sonorité actuelle qui se rapproche d'une musique tribale en passant par le psychédélique et des influences héritées du Krautrock, Boredoms a toujours pris l'habitude de ne pas se laisser enfermer dans un style particulier. En vouant un culte sans fin pour l'expérimentation, Yamatsuka eye et ses musiciens ont acquis une solide réputation manifestée par le succès de 3 albums : "Chocolate Synthesizer" en 1994, "Super Ae" en 1998 et "Vision Creation Newsun" en 1999.
En parallèle des livraisons au format Lp, dont le dernier remonte à 2004, Boredoms sort des morceaux sous l'appellation "Super Roots" en guise de voie parallèle toujours vouée à l'expérimentation et sans les "contraintes" de réalisation d'un album.
Alors que "Super Roots 9" était un morceau live de 45 minutes, "Super Roots 10" est un morceau, Ant 10, d'une durée de 9 minutes accompagné de Super Rooy, quelques secondes d'un léger bourdonnement en guise d'ouverture, et de 4 remixs d'Ant 10 réalisés par Finger Hat, le japonais Altz, deux pour lui, et le génial Lindstrom.
Dès la première écoute, on est agréablement surpris par ce Ant 10 où les boucles constituent d'incroyables loopings sonores, où la voix s'épuise à exécuter un chant tribal inconnu, et dont l'ensemble est recouvert par des synthés aux "guimauves mélodiques".
A l'image de la pochette, çà dégouline dans un enchainement délirant et çà réussit l'exploit de ne pas frôler l'indigestion, ni le mauvais goût.
Malheureusement, Altz réalise ensuite deux remixs peu inspirés, sauf vers la fin, intitulé Ant 10/Estero 10 et Ant 10/Mineral Dub Break, qui restent des exercices de styles trop proches de l'oeuvre originale. Ensuite, Finger Hat redéfinie le morceau en accentuant le coté tribal, il raccourcit le morceau de moitié, lui inflige un beat plus house, met en avant la voix très répétitive et quelques nappes échappées de l'œuvre originale. Intéressant mais souffrant d'une certaine répétition, Finger Hat est forcé de s'incliner à l'écoute de la pièce suivante, celle réalisée par Lindstrom.
Fidèle à lui même, le norvégien revisite totalement Ant 10 et propose 11 minutes jouissives de space-disco avec une basse ronde et sexy, proche de son morceau ContFixDisco, et un beat progressif qui provoque une envie irrésistible de bouger. Le coté tribal disparait pour un trip assumé sur un dancefloor rétro. De loin le remix le plus réussi et intéressant du lot.
En attendant d'avoir un nouvel album des japonais, ce qui est loin d'être évident selon les dernières nouvelles, "Super Roots 10" est indispensable pour son morceau original et son remix venu du froid.
www.myspace.com/boredoms
www.myspace.com/feedelity
www.myspace.com/altzmusica
www.myspace.com/boredoms
www.myspace.com/feedelity
www.myspace.com/altzmusica
Boredoms - 77 Live Boa 1ère partie
Organisé par les Boredoms en 2007 à New York, 77 Live Boa est constitué uniquement de 77 batteries. On y retrouve notamment les batteurs de Gang Gang Dance et de Buck 65.
Boredoms - 77 Live Boa 2ème partie
Boredoms - Super Seeeeee!!!!!!
Boredoms - Vision Creation Newsun
Libellés : chroniques
Subscribe to:
Articles (Atom)
















